Chypre : Est-ce que ça peut bien finir?

25 mars : Bernard Guetta affiche un certain optimisme. 26 mars : Bernard Guetta superbe sur France Inter à 8 H 17

Les pays de l’Union Européenne ont voulu unir leurs destins par consentement mutuel. Ca ne s’était jamais fait. Seules les unions par la contrainte, l’annexion, la colonisation, la conquète, sont des modèles connus. Ceci contraint l’Union Européenne à une politique d’art et d’essai. Malgré la succession d’aberrations « innovantes » des ministres des finances de l’Eurogroupe, sont-ils sur la voie de la découverte du traitement de l’erreur? Lisez l’analyse de Jean Dominique Giuliani sur le site de la Fondation Robert Schuman

Voici la contribution de Jacques Lepers, du Mouvement Européen Nord à ce sujet :

« Si l’on voulait encore davantage décrédibiliser le projet européen, on ne s’y prendrait pas autrement ! Telle est la conclusion provisoire de  l’épisode de tentative de résolution de la crise bancaire chypriote, via une taxe sur tous les dépôts des particuliers et sociétés dans les banques de ce pays, « décidée » au petit matin d’un jour de mars par l’Euro groupe rassemblant les ministres des dix sept pays de l’euro zone…

Cet aréopage prenait cette position à l’unanimité, sur la base de la troïka FMI/Union Européenne , en n’imaginant pas, ce qui est stupéfiant, les dégâts causés à la confiance déjà en chute envers « Bruxelles ». Face à des réactions populaires de colère et d’inquiétude, le Parlement chypriote refusera la mesure et partant tout plans d’aide pourtant indispensable, pour éviter la banqueroute. Comment expliquer un ratage de cette ampleur ? Sans nul doute, par le processus même de la décision purement intergouvernementale, sans aucun contrôle en temps réel par une assemblée parlementaire, bref un véritable déficit démocratique. Alors que dans le cadre de l’adoption des législations relevant du pilier dit « communautaire » de l’Union, y compris au sujet du cadrage budgétaire pluri annuel, le Parlement européen est co législateur, avec  une procédure lui donnant le dernier mot, l’euro zone parce que celle-ci est inachevée bricole des dispositifs n’impliquant pas de discussion autre qu’entre experts et ministres. On voit bien que cela ne sera plus tenable, et que le remède passe par une forme d’union politique entre les dix sept, bientôt dix huit Etats composant cette zone, qui doit aller vers une démocratisation, l’union économique et monétaire qui devait rassembler peu à peu tous les Etats membres prenant un temps bien plus long qu’imaginé. Or en 2014, les électeurs sont conviés aux urnes pour élire leurs députés européens, sans qu’ils ne sachent encore comment ceux-ci pourront contrôler, amender, rejeter des mesures de politique économique, budgétaire, fiscale, faute de courage pour les Etats impuissants collectivement à mettre en œuvre l’article 13 du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’union économique et monétaire, à savoir les instruments d’un parlementarisme adapté à la seule euro zone.  L’urgence est pourtant là comme le souligne Jean Dominique Giuliani président de la fondation Schuman dans le remarquable rapport sur l’état de l’Union Européenne 2013  :

« l’une des plus grandes difficultés du moment est de faire adhérer les citoyens à la construction européenne. A l’ l’enthousiasme des premières années, a succédé la banalisation de la dimension européenne. Puis, avec les progrès de l’intégration et l’approche de décisions fondamentales, de transferts de compétences rendus nécessaires par les évolutions mondiales, ce fut le moment de la contestation eurosceptique. Majoritairement surmonté, celui-ci a  cédé la place à un profond doute sur l’efficacité européenne. Les opinions publiques décrochent et ont du mal à comprendre la plus value européenne dans la crise, même si elles lui restent majoritairement attachées.. »

   La pédagogie a donc fait défaut notamment depuis la naissance de l’euro : « les peuples se sont habitués  à ce que le partage de la monnaie n’emporte rien d’autre que quelques nuisances secondaires, et pendant longtemps aucun dirigeant ne s’est aventuré à les démentir », écrit ainsi Jean PISANI FERRY dans « la crise de l’euro et comment nous en sortir  » (Pluriel, édition mars 2013)

Ajoutons que la méthode de construction de notre Union ne peut être que celle qui consiste à dégager un intérêt général commun, et non comme cela peut être perçu actuellement comme une sorte de prise en compte de quelques intérêts nationaux en fonction des calendriers électoraux. »

J’ajoute aujourd’hui 27 mars, la contribution de « Sauvons l’Europe » .

 

3 comments for “Chypre : Est-ce que ça peut bien finir?

  1. jlouis
    25 mars 2013 at 10:52

    Chypre : Est-ce que ça peut bien finir?

    Ce titre dit sans ambages que « ça a très mal commencé »
    Lorsque l’€uro fut conçu, les avisés avaient prévu de constituer ce qui manque aujourd’hui, facteur de crises à répétitions.

    Ce furent les politiques qui l’emportèrent sur les avisés, faisant de l’€uro une avancée politique sans coût réél et immédiat sur les économies de leurs Etats, constituant le vecteur (€uro) sans définir les objectifs et les contraintes (on peut disserter factuellement sur la compétence économique de nos dirigeants – décision prise en 1989 pour monnaie en 2000)

    Est-ce que ça peut « bien finir »?
    Je ne le crois pas!
    1. Le dogme allemand équilibre/inflation, dans sa permanence, est néfaste pour toutes les économies européennes.
    2. La rigueur des comptes est néindispensable, aujourd’hui, pour toutes les économies laxistes.

  2. jlouis
    25 mars 2013 at 10:55

    Chypre : Est-ce que ça peut bien finir?

    Ce titre dit sans ambages que « ça a très mal commencé »
    Lorsque l’€uro fut conçu, les avisés avaient prévu de constituer ce qui manque aujourd’hui, facteur de crises à répétitions.

    Ce furent les politiques qui l’emportèrent sur les avisés, faisant de l’€uro une avancée politique sans coût réél et immédiat sur les économies de leurs Etats, constituant le vecteur (€uro) sans définir les objectifs et les contraintes (on peut disserter factuellement sur la compétence économique de nos dirigeants – décision prise en 1989 pour monnaie en 2000)

    Est-ce que ça peut « bien finir »?
    Je ne le crois pas!
    1. Le dogme allemand équilibre/inflation, dans sa permanence, est néfaste pour toutes les économies européennes.
    2. La rigueur des comptes est indispensable, aujourd’hui, pour toutes les économies laxistes.
    3. l’austérité simultanée des pays européens est aussi bête et tueuse pour les peuples, que le laxisme originel.
    4. les égoïsmes nationaux prévalent; les pays sont sauvés parce que leur faillite condamnerait les autres.

    jlouis

  3. Agnès Bauche
    25 mars 2013 at 2:52

    Oui. C’est tout le problème. Pour l’instant les seules choses qui cimentent l’Europe, ce sont les égoïsmes nationaux… Il y a une autre voie, celle de l’intérêt commun. Mais apparemment les gouvernants (allemands compris) ont peur de perdre au niveau national en parlant à chacune de leur nation le langage de la raison. Gerhard Schröder a payé les réformes de l’agenda 2010…Pour être un bon gouvernant en Europe, il ne faut pas vouloir être ré-élu.

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