Chypre : Que d’erreurs depuis 2004!

 

Chypre

Chypre : Que d'erreurs depuis 2004

Affaire mal « barrée » depuis l’échec du  » plan de l’ONU, dit plan Kofi Annan, approuvé par l’UE en 2004, qui visait à réunifier l’île avant son intégration dans l’U.E.

Certes, on doit beaucoup aux Grecs dont la culture, la philosophie, la géométrie et le diamètre de la planète ont été inscrits dans nos gènes européens pour cimenter notre culture commune… Mais on leur doit aussi une épine dans l’UE : Chypre.
Et nous voici devant l’impensable : Victime de sa richesse « noire », que l’UE lui a laissé constituer, Chypre, pressée de « régulariser » menace de se vendre à Gazprom… pour 6 milliards. Même pas un plat de lentilles!
Devant le marché que le FMI et l’UE proposent au gouvernement de Chypre, voici le communiqué de Jean Marie Cavada, député européen, Président du Mouvement Européen.

« Chypre : du laxisme à l’impensable »

« Ainsi donc, la crise bancaire d’un tout petit pays membre de l’Union (moins d’un million d’habitants, 0,2% du PIB européen), vient de fracasser un principe sur lequel est construit le système financier européen : la confiance. Jusqu’à présent toutes les       difficultés des Etats ou des banques européennes ont été résolues par en haut : les institutions internationales volaient au secours des systèmes défaillants (Etats ou banques), et négociaient avec eux les conditions d’un retour à la stabilité, souvent avec douleur, mais dans le respect d’un principe simple : un établissement bancaire n’est rien s’il ne respecte pas la confiance de ses déposants.

Sous la pression du FMI dit-on (qui ne prêtera pourtant qu’un milliard sur les dix réclamés d’urgence), et avec l’appui de l’Allemagne (qui se fatigue dangereusement des impérities financières qu’elle constate autour d’elle), ne voilà t-il pas que malgré    les réticences de la Commission européenne et de la BCE, l’Etat chypriote bascule du côté de Moscou en rassurant les investisseurs, notamment russes, mais en tapant sur ses épargnants. Quelle que soit l’issue du débat au Parlement de Nicosie ces prochaines heures, tous les citoyens européens viennent de comprendre depuis dimanche que leur épargne est désormais la chair à canon des acrobaties bancaires de toutes sortes. J’aurais pu comprendre qu’on suspende Nicosie de ses obligations européennes jusqu’à son prompt rétablissement, compte tenu de ses deux banques principales en faillite, des 17 milliards d’euros dont elle a besoin immédiatement, et surtout de ses liens troubles avec le blanchiment d’argent et la fraude fiscale. J’aurais même pu faire       semblant d’accepter l’idée que ce pays était un compagnon loyal de l’Europe, et qu’il fallait à tout prix lui appliquer la même thérapie protectrice des institutions européennes qui fit merveille en Irlande, au Portugal, en Espagne, en Italie, sans compter la Grèce. Mais comment a-t-on pu casser le ressort de la confiance des citoyens ?

On aura beau, dans un sursaut de réalisme, annoncer qu’on ne touchera pas à l’épargne des déposants jusqu’à concurrence de 100 000 euros. On aura beau faire des moulinets pour dire qu’on taxera les « déposants aisés ». Pour la première fois, tout le monde comprend qu’un Etat peut plonger d’autorité dans ce qui n’est pas de sa propriété : les comptes des déposants. Certains de mes amis me disent que prendre l’argent sur les comptes bancaires ou le ponctionner par l’impôt, c’est la même chose. Je ne partage pas cet avis : l’Etat est légitime pour lever un impôt, l’Etat est un voleur s’il se mêle d’envoyer ses griffes directement à travers les banques pour puiser dans les comptes des déposants.

Cet argent n’appartient pas aux banques, et encore moins aux Etats : il est placé en confiance, momentanément, par des gens qui l’ont épargné pour leur besoin ou satisfaction ultérieurs. La crise est suffisamment grave en Europe pour que ces pseudo-remèdes ne se parent pas, en plus, d’immoralité. Car l’Europe est un projet qui ne repose que sur des valeurs. Tout le reste est technique et ne doit être autorisé qu’à cet aune.

Et puisque nous parlons de valeur : quelques rappels. La crise bancaire chypriote est une goutte d’eau dans une baignoire. Elle est connue depuis des mois. Pourquoi a-t-il fallu attendre son paroxysme (la menace de faillite des deux principaux       établissements bancaires), pour engager une thérapie ?

Par ailleurs, pourquoi faut-il continuer à tolérer que dans la porte d’entrée de l’Europe, mais aussi à l’intérieur, un des Etats membres – je sais bien qu’il n’est pas le seul – soit une station de blanchiment de l’argent venu de plusieurs pays, notamment       voisins de l’Europe ? Ces laxismes là sont intolérables. Dans les graves difficultés que nous connaissons, les institutions européennes ne peuvent pas être une maison de tolérance, le FMI un gendarme aveugle, et Nicosie le dynamiteur de la confiance financière que les épargnants portent à leurs établissements de dépôt. »

4 comments for “Chypre : Que d’erreurs depuis 2004!

  1. jlouis
    22 mars 2013 at 12:41

    Chypre

    Deux réflexions

    Une évidence bien connue tout d’abord
    « si on doit 10000 € à son banquier, on a un problème,
    si on lui doit 10m€, c’est lui qui a un problème »
    Le banquier est ici l’Europe, Eurogroupe et BCE, et Chypre développe le chantage raté par les grecs!!!

    Une question ensuite, tant à Jean Marie Cavada, député européen, qu’à ceux qui nous gouvernent:
    Comment voulez-vous – pouvez-vous oser – nous faire croire que l’affaire Chypre, après la Grèce et quelques autres, serait une surprise?
    De deux choses l’une
    C’est une surprise – à nouveau – et vous êtes tous incompétents
    Ce n’est pas une surprise, et vous êtes tous trop cyniques pour demeurer à vos postes.

    jlouis

  2. Agnès Bauche
    23 mars 2013 at 4:49

    Merci de vos réflexions et de nous avoir élevés au rang de chefs d’état ou de gouvernement en nous traitant « tous d’incompétents ».

    Car cette décision ou non-décision sur Chypre relevait de la décision du Conseil Européen qui réunit périodiquement les chefs d’Etat ou de gouvernement de l’UE. Ces messieurs-dames (y compris le président chypriote), qui connaissent la réalité de Chypre avec sa lessiveuse bancaire tellement surdimensionnée par rapport au PIB des chypriotes, ont décidé que ce menu sujet (18 milliards €) n’était pas digne d’eux, et ils ont refilé la patattounette chaude à leurs ministres des finances qui se sont réunis (incluant le ministre chypriote) la semaine dernière et, sur un coup de lune, vers 2 H du matin, ont trouvé la façon de confisquer un peu d’argent sur les comptes bancaires puisque l’argent ne va pas naturellement à l’impôt dans ce pays.
    Je veux juste vous dire que si, comme de nombreux autres membres du parlement européen, Jean Marie Cavada le déplore, il n’en est nullement responsable et je voudrais disculper aussi tous les députés européens. 3Enfin, la rédactrice de ce blog aussi. Je me suis contentée du constat… qui remonte à une suite d’erreurs.
    Les erreurs ont été commises, la machine à remonter le temps n’existe pas. Il faut trouver une ou plusieurs morceaux de solutions… Et, où en sommes-nous des paradis fiscaux dont notre Sarkozy national se targuait d’avoir la peau?

  3. jlouis
    25 mars 2013 at 9:45

    Je vous ai laissé le choix entre l’incompétence et le cynisme, je note que vous choisissez l’incompétence !
    L’Europe est un foyer de Démocratie, un exemple même pour les autres pays, mais son fonctionnement n’est pas démocratique, bien au contraire, et votre réponse le confirme.
    Si les députés européens, c’est-à-dire ceux que nous avons députés pour nous représenter en UE, ne connaissent pas la réalité des spécificités de pays membres de l’UE, à quoi servent-ils ? S’ils ne sont pas capables de vérifier ce qui est décidé par le Conseil Européen, à quoi servent-ils ?
    Les erreurs que vous attestez ne seraient-elles pas des décisions arbitraires ? en toute connaissance de cause ? C’est du cynisme à rendement politique court terme et aux conséquences tous termes !
    Certains pays ont abusé de la dette pour financer des dépenses de fonctionnement non couvertes par leurs recettes ; exemple la Grèce qui a ainsi payé l’augmentation des salaires des fonctionnaires, du nombre des fonctionnaires et des retraites, entre autres.
    Lorsqu’il faut rapporter le curseur à l’équilibre dépenses-recettes, ceux qui ont bénéficié de cette impéritie se voient retirer ces augmentations, et ils manifestent contre cette rigueur exigée, contre l’Europe, acteur de leurs maux.
    Les peuples sont ainsi doublement pénalisés, par leurs dirigeants en premier, et par l’UE, surtout l’Euroland, qui a laissé faire les démagogues nationaux et se vêt des habits du grand moralisateur.
    A qui voulez-vous faire croire que ces dérives financières sont demeurées invisibles ?
    incompétence ou cynisme?

    Enfin les paradis fiscaux :
    L’Europe est un fromage pour les rats adaptés.
    Chypre est une lessiveuse, comme les Iles anglo-normandes, Man et Gibraltar pour les anglais, Monaco et San Marin, sans parler des montages pour optimisation fiscale type « sandwich hollandais »
    Faut-il rappeler que des sociétés ayant l’état français comme actionnaire ont domicilié leur holding de tête en Hollande ?
    Si les paradis fiscaux institutionnels demeurent en UE, c’est qu’ils sont utiles, en tout état de cause à) ceux qui ont les moyens de paralyser le Conseil Européen.

    L’Europe est une idée merveilleuse, gérée par des gens sans mandat du peuple souverain, qui se réfugient derrière le Conseil Européen ou les Conseils Spécialisés, constitués d’élus nationaux directement ou indirectement, pour dissimuler et/ou habiller leurs décisions.
    Si le Parlement Européen, les députés de ce Parlement, ne peuvent rien et doivent choisir entre l’incompétence et l’impotence, à quoi servent-ils ?

    jlouis

  4. Stephane Pieron
    25 mars 2013 at 5:47

    L’erreur est d’origine.
    Faute d’une vision prospective dans les années 2000, les dirigeants européens ont élargi l’Europe de manière irréfléchie. Les disparités de développement et de taille se sont révélées trop importantes et la gestion de certains pays qui ont cru que leur appartenance à l’Europe leur assurait une liberté totale, a fait le reste. Le seul nombre de traducteurs simultanés exprime bien la difficulté à piloter un navire aussi chargé.
    Qui sont les responsables ? A l’évidence, les dirigeants des années 2000 qui, au nom d’un arbitrage entre développement méditerranéen et ouverture à l’est, ont choisi la fuite en avant sans en mesurer les conséquences.
    Maintenant, il est probable qu’une Europe à « géométrie variable » pourra seule permettre de gérer discipline commune,développement maitrisé et dépenses acceptables.
    Je n’aurai garde d’oublier la gouvernance de l’Europe empêtrée dans ses batailles picrocholines dont les deux sièges du Parlement sont l’exemple sublime sans parler de l’absentéisme de certains parlementaires. A quand les jetons de « présence » ?
    Que dire des compromis bancals que chacun fait mine de croire le dernier ? L’incapacité à imposer une réglementation bancaire crédible, toujours en retard face à l’imagination des banquiers, en est un exemple parfait. Peut-être devrait-on offrir le Château de Kafka à chaque fonctionnaire européens.
    Que chypriotes, maltais et autre pays de la taille d’une ville veuillent jouer avec les lignes sous le parapluie européens est humain mais incompatible avec un bon fonctionnement communautaire.Que dire des « mensonges » grecs pour pouvoir rejoindre la zone euro. Comment les autorités nationales ou européennes n’ont elles pas vu venir les crises ? Incompétence, impuissance ? je dirai plus volontiers inconséquence. Les politiciens européens sont tous les mêmes, uniquement préoccupés de leur « pouvoir » et des élections à venir.
    Quel gâchis, j’en veux surtout à ceux qui ont perverti le rêve européen et désenchanter des génération d’européens convaincus.

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