Triporteurs : fâcheux mélange des genres!

Une entreprise de yaourts boulonnaise a l’idée sympa de faire sa promotion sur un nouveau média : le triporteur personnalisé. Pour avoir un effet de masse vraiment visible, il en faut beaucoup.  Elle monte donc un partenariat avec la ville de Boulogne et l’entreprise danoise NIHOLA qui fait monter des triporteurs pour le marché français à Nantes. Les triporteurs, selon qu’ils sont électriques ou non, ont un prix public compris entre 1500 et 3000 € sans pub.

Triporteur Amsterdamer Smiley 2250 € TTC

Triporteur Amsterdamer Smiley 2250 € TTC

Idée : Faire acheter une centaine de triporteurs par des Boulonnais à un prix réduit (1000€). Donc négocier un prix avec NIHOLA, puis profiter de la prime de GPSO* pour tout acheteur de vélo électrique. cette prime peut atteindre 300 € dans les villes de GPSO, (400€ à Paris). Voir l’article de e-bb.info du 8/01. Alors, on transforme tous les nouveaux propriétaires de triporteurs en hommes, femmes et enfants-sandwich et la Grand Place et les rues de la ville en espace publicitaire pour les yaourts, avec en plus, la caution verte et les discours en grande pompe,  et le maire, en pleine campagne municipale. On peut vraiment se demander qui sponsorise qui dans cette opération.

Voici la question orale posée le 13 février par Jean Michel Tisseyre au Conseil d’Agglomération de GPSO, organe où 80% des décisions qui engagent notre ville sont prises… (Ce que beaucoup de Boulonnais n’ont pas encore bien compris).

« Lors du conseil de GPSO de décembre dernier, l’assemblée a reconduit pour la troisième année consécutive son dispositif d’aide à l’achat d’un VAE neuf.
On en rappelle les grandes lignes : réservée aux habitants de GPSO, l’aide, qui ne peut excéder 300 euros ou 25% du montant total de l’achat, bénéficie rétroactivement (environ un mois plus tard) aux personne privées qui en font la demande, dossier à l’appui.
196 habitants de GPSO ont bénéficié de cette subvention en 2013.
Or, du 6 janvier au 1er février, l’entreprise Michel&Augustin, sise à Boulogne-Billancourt, a lancé une opération « 100 triporteurs à Boulogne-Billancourt » : l’entreprise a mis en vente 100 triporteurs simples ou à assistance électrique, customisés Michel&Augustin mais portant également le logo de la ville de Boulogne-Billancourt. L’entreprise a annoncé que la livraison des véhicules devrait se faire sur la Grand Place de Boulogne le 8 mars prochain, en présence de PC Baguet, le maire de Boulogne Billancourt. Un maire qui était déjà présent lors du lancement de l’opération, dont il cautionne donc totalement la démarche.
L’entreprise a mis l’accent sur le prix de vente exceptionnel consenti par le fabricant, grâce à la « prime de 300 euros de GPSO » pour tout triporteur, électrique ou non, et une contribution de 600 euros consentie par l’entreprise elle-même, le tout a priori. Cette offre était réservée aux Boulonnais. 
Notre question est donc simple :
 – Comment appliquer à une personne morale, en l’occurrence le fabricant de triporteur Nihola, le dispositif adopté par l’assemblée, qui ne doit bénéficier qu’à des personnes privées ?
 – Comment expliquer que la subvention lui soit versée a priori, quand il est bien stipulé qu’elle doit être versée rétroactivement, sur demande express du particulier acquéreur avec présentation de la facture ?
  – Comment expliquer qu’elle soit versée indifféremment pour des triporteurs simples et pour des triporteurs à assistance électrique, alors que l’objet même du dispositif tel que voté ne concerne que les VAE ?

– Comment justifier auprès des contribuables de GPSO que cette offre ne soit ouverte qu’aux habitants de Boulogne, alors qu’elle est soutenue par une subvention communautaire ?

 – Sous réserve même d’une réponse satisfaisante aux questions précédentes, cette opération de marketing privée pourrait à elle seule capter en un mois 50% du budget annuel prévu pour ce dispositif ; quelle conséquence cela aura-t-il pour tous les habitants de GPSO qui souhaiteraient en bénéficier au cours de l’année ? »

triporteur logo voilé

triporteur Boulogne Billancourt

A cette question, Hervé Marseille, maire de Meudon, a été chargé de répondre et il s’est contenté de définir qu’un triporteur électrique pouvait être éligible à la prime de GPAS en ce qu’il répondait à la définition de VAE, et que l’entreprise initiatrice de l’opération était très innovante en matière de communication. Jean Michel Tisseyre a suggéré que quand une question orale était posée dans un conseil, l’usage voulait qu’une réponse soit apportée. Et dans un éclat de rire mal dissimulé, Hervé Marseille a répondu : « C’est ma réponse ».

Ils étaient bien sur la grand Place le 8 mars à 10H30 avec le maire. NIHOLA et le patron de la firme de yaourts ont remercié GPSO, en attendant de pouvoir remercier la ville. Sur les triporteurs, le logo de la ville a été pudiquement  voilé d’un autocollant (et pourquoi pas le logo de GPSO?).

En soit, cette idée de véhicules publicitaire n’est pas choquante. C’est juste les subventions publiques à cette promotion privée qui nous chiffonne.

Guignol sur tous les mobiliers urbains

Guignol sur tous les mobiliers urbains

Vous qui voyez Guignol s’emparer de tout le mobilier municipal pour s’afficher depuis 2 mois dans la ville avec l’accord du maire, vous allez, maintenant devoir disputer les trop rares places de stationnement de vos voitures aux triporteurs du yaourt triomphant. Deux questions supplémentaires se posent : les triporteurs paieront-ils les parcmètres, et voulons-nous devenir une ville sandwich?

2 comments for “Triporteurs : fâcheux mélange des genres!

  1. philippe
    18 mars 2014 at 4:38

    Vous voyez le mal partout!

    J’ai vu les triporteurs du yaourt, et le logo et le nom de Boulogne Billancourt sont recouverts d’un collant neutre, qui les dissimule mal.
    Il y aurait donc baleine sous caillou?

    Non! Vous voyez le mal partout!
    Le candidat municipal Baguet ne fait rien d’illégal,
    n’utilise pas les fichiers de la Mairie pour son meilleur profit,
    ne mélange absolument pas sa poche et la nôtre,
    bref, c’est un parfait honnête homme (comme Michel Rocard aurait pu le décrire).

    D’ailleurs si ce n’était pas le cas, si Baguet voulait profiter d’une promotion intuitu personae avec ces triporteurs et la complicité effective des autres maires de GPSO,
    il aurait fait apposer un sticker à sa gloire sur les vélos,
    au lieu de ce piteux bandeau Boulogne mal recouvert.

    Vous voyez le mal partout!
    Vivement qu’on change de maire….

  2. Brette
    21 juin 2014 at 11:05

    Excellente dénonciation. Séparons marketing et subventions payées par nos impôts.
    Surtout vu la condition animale en France pour nos soeurs mamifères. L’esclavagisme actuel est intolérable et on doit boycotter les entreprises qui ne s’engageraient pas a aménager les conditions de vie des animaux dont le systeme nerveux est très sensible.

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